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Archives pour octobre 2009

Entre ma fille

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Que de bêtes différentes ! Nanette ne connaissait que coqs, poules, lapins. Ici des canards, des pintades, un dindon, des poussins, des poulets, des oies…Comme dans le livre de lecture qu’elle avait en CP.

Les garçons jouaient à faire peur à toute cette volaille ; pour rire de leur fuite affolée.
Sa couine suçait son pouce, en menaçant périodiquement de les dénoncer…
Laissant les petits à leurs jeux, elle s’aventura vers un hangar barrant le champ est. Une odeur spéciale lui saisit les narines. Elle s’approcha d’une porte au fond de l’abri. On entendait du bruit, des paroles…Reconnaissant la voix de son père, elle ouvrit.

Le géant tirait une chaîne devant un âtre flamboyant ; sa main gauche tenant une pince terminée par un bout de  métal incandescent.

- Entre ma fille. Regarde ton grand-père. Il prépare des fers à cheval pour demain. Allez ! Approche ! Dis bonjour et regarde. C’est pas souvent que tu verras ça dans ta vie.

La voix du père était tendrement admirative. Elle ouvrit complètement la porte. Entra dans la forge. Referma. Approcha lentement.

-  Dis Joseph. Attise à ma place…Que j’embrasse cette dormeuse. Ma jolie si tu veux me voir ferrer demain faudra te lever aux aurores. J’officie très tôt. Après fait trop chaud et ça dérangerait les clients. Surtout les passants de l’été.

Avant qu’elle ait eu le temps de réagir, il la souleva de terre. La fit sauter une fois en l’air. La serra contre lui. après deux baisers sonores et barbus qui piquèrent se s joues.

- Qu’est-ce que tu piques !

Un rire sonore coquerica du géant qui en remit une brassée …Sous le regard attendri du père

-Mets tout en veilleuse mon fils. Entrons voir si on peut aider la patronne. Baisse la tête si tu ne veux pas avoir une bosse sur ton front pour la fête…

Le trio entra gaiement dans la boutique.
Aimée
préparait sa liste pour le camion du grossiste devant s’arrêter l’après–midi.
La tante et la mère pelaient des pommes de terre et des carottes pour la purée des enfants. Deux fermiers voisins vidaient leur  chopine de rouge  avant de rejoindre leur charrette remplie de foin.

Nanette se sentait en confiance sur les épaules de ce gaillard bedonnant mais fort, qui savait la descendre doucement pour la poser sur un de ses genoux. Le temps de l’apéro entre hommes…

(A suivre – 48)

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Alors, bien dormi ?

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- Alors, bien dormi ?

Nanette referma aussitôt la porte de la chambre. Elle donnait sur le bistrot-alimentation téléphone-arrêt de car…du hameau. Rougit aux éclats de rire virils de l’autre côté.

-  Ben Aimée ta p’tit’ a montré le bout de son museau ! …Ressers-nous un donc un’ chopine-de-gris.

 Nanette traversa la chambre de la patronne. Regagna celle des enfants. Tous étaient levés. Tapa à la porte de celle des parents. Personne. Chercha ses vêtements. S’habilla. Entrebâilla la porte. Il y avait des clients. Elle respira profondément. Se redressa. Ouvrit d’une main ferme. Ferma.

-  Bonjour Messieurs-Dames.

 Politesse accomplie elle s’engouffra dans la cuisine. Sous le sourire bienveillant de la
commerçante servant un kilo de pêches à la voisine.

La grenade table ronde qui trônait au milieu de l’arrière-boutique était désertée mais un bol, un pot de confiture, un beurrier et une panière attendaient sa venue. Tandis que la tante faisait la vaisselle du petit-déjeuner.

-  Tu as de café et du lait chaud sur la cuisinière. Tu te sers ou je te sers ?

Elle ne sait pas ce qu’il fallait répondre pour bien faire.

-  Comme vous voulez madame.
- Ben dis donc ! Tu vas me dire tu et m’appeler Francine ! Ce matin, je te sers ; ce n’est pas la grande forme…Demain tu feras comme chez toi. Tu prendras ce que tu veux. Autant que  tu veux. A ton âge il faut manger pour grandir.

Elle avait honte d’être la dernière levée. Bâcla le petit-déjeuner. Débarrassa. Ne sut comment laver ses couverts. Il n’y avait pas de robinet au-dessus de l’évier. Sortit rejoindre les autres petits qui se chamaillaient dans l’arrière-cour fermée où déambulait toute une basse-cour bruyante.

(A suivre – 47)

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J’vais pas te manger !

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Nanette s’approcha, serrant la main de son père. C’était la première fois qu’elle voyait une femme avec les cheveux tout blanc.TOUS. D’un blanc propre et brillant. Grand-mère du midi avait un chignon gris. Comme mémé.

- N’sois pas timide…j’vais pas t’manger !

Elle serra plus fort la main de son papa. Ne la quitta pas en posant deux baisers appliqués sur les joues ridées.

- Entrez donc vous désaltérer. Ensuite nous ferons manger les enfants. Nous les coucherons. Nous aurons toute la soirée pour parler.

Ils s’installèrent, côté bistrot, dans l’immense séjour campagnard divisé en deux zones.
Une gigantesque armoire-glacière en bois recouvrait 2/3 de la cloison de séparation avec la cuisine privée. Cette moitié de la salle d’entrée était réservé au bar. L’autre moitié montrait des rayonnages divers, un comptoir avec balance…c’était l’épicerie-primeur.

La patronne sortit une bouteille de limonade et une bouteille de bière pour que les grands se confectionnent des panachés. Puis, comme c’était un instant de fête, un « Vérigood » fut distribué aux enfants ; qui purent choisir le parfum « citron » ou « orange ».

- J’arrive au bon moment ! Assieds-toi auprès de ton aîné Aimée. J’apporte les verres.

Immédiatement Nanette fut séduite par la jovialité de ce robuste géant.
Il apporta les verres. Embrassa tout le monde. Vérigood bu à la paille, comme les autres enfants, Nanette sentit sa conscience se retirer…Les sons étaient cacophoniques…devinrent incompréhensibles. Inaudibles.

(A suivre – 46)

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Tout à l’heure

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Enfin le car s’arrêta en pleine campagne pour les laisser descendre. Repartit.
Devant la longue bâtisse, à l’extrémité ouest, des petits enfants jouaient au pied d’un énorme tas de sable.

- Maman !
Deux gamins s’élancèrent vers la tante.
- T’as apporté quelque chose ?!
- Tout à l’heure. Dites bonjour à votre cousine.

Tous se regardèrent. Intimidés.
- Pas d’inquiétude. Ça ira mieux demain. Quand ils auront fait quelques bêtises ensemble.

Un enfant continuait à remplir sa boite de sardine avec du sable mouillé. A faire des pâtés.
- Alors Pierre, tu ne dis pas bonjour à ton papa et à ta maman…
Les parents s’approchèrent. Déçus. Lui continuait son château. Il était bien, depuis deux mois, avec des enfants de son âge. Passant des heures libres dehors.

La grand-mère apparut.
Le père se dirigea vers elle.
L’étreinte fut longue. Puissante. Silencieuse.

- Alors mon grand…tu vas bien ?
- Tu vois maman, solide comme un roc !
- Présente-moi donc la petite.

(A suivre – 45)

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J’vais pas t’manger !

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Nanette s’approcha, serrant la main de son père.
C’était la première fois qu’elle voyait une femme avec les cheveux tout blancs. TOUS. D’un blanc propre, brillant. Grand-mère du midi avait un chignon gris. Comme mémé.

- N’sois pas timide..J’vais pas t’manger !

Elle serra plus fort la main de son papa. Ne la quitta pas en posant deux baisers appliqués sur les joues ridées.

- Entrez donc vous désaltérer. Ensuite nous ferons manger les enfants. Nous les coucherons. Nous aurons toute la soirée pour parler.

Ils s’installèrent, côté bistrot, dans l’immense séjour campagnard divisé en deux zones.
Une gigantesque armoire-glacière en bois recouvrait 2/3 de la cloison de séparation avec la cuisine privée. Cette moitié de la salle d’entrée était réservé au bar.
L’autre moitié montrait des rayonnages divers, un comptoir avec balance…c’était l’épicerie-primeur.

La patronne sortit une bouteille de limonade et une bouteille de bière pour que les grands puissent se confectionner des panachés.
Puis, comme c’était un instant de fête, un « Verygood » fut distribué aux enfants ; qui purent choisir goût citron ou orange.

- J’arrive au bon poment ! Assieds-toi aurpès de ton ainé Aimée. J’apporte les verres.

Immédiatement Nanette fut séduite par la jovialité de ce robuste géant.
Il apporta les verres. Embrassa tout le monde. Vérigood but à la paille, comme les autres enfants , Nanette sentit sa conscience se retirer…Les sons étaient cacophoniques…devinrent incompréhensibles. I-nau-di-bles….

(A suivre – 46)

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Tante

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Enfin une voix cria  » Terminus. tout le monde descend ! »

Ouf ! Enfin !
Elle se leva. Sortit en titubant entre les deux adultes chargés. Portant sa petite valise en carton contenant son cahier de devoir de vacances.

- Joseph !
- Ma p’tit’ soeur ! Alors comment vas-tu ? Et la mère ? Le père ? La famille…
- Bonjour. Nous avons soif. Quelle chaleur !
- Tante..

Ils allèrent au comptoir de la gare.
Elles prirent un diabolo-menthe. Mais, oh surprise …les père-tante, comme les autres au comptoir, demandèrent « Un p’tit blanc ».
C’était la première fois qu’elle voyait se désaltérer avec du vin.
Chez eux le vin était réservé aux repas.
Les grands, l’été, l’après-midi, prenaient un pastis…plus ou moins « noyé »…Les femmes préférant souvent un vin de noix maison. Fallait s’en souvenir pour mémé.

- Dépêchons-nous ! Le car va partir. J’ai bien dit au petit-Jean d’attendre. Que Joseph venait deux semaines au pays…mais…Il est content de te revoir.

Nouvelles embrassades. Rires. Souvenir.
Enfin le car démarra !

(A suivre – 44)

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On est arrivé ?

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Des heures après une voix hurla :
 » Montluçon. Tout le monde descend ! »

- On est arrivé ?
- Non. Nous prenons une micheline
- On arrive bientôt ?
- Dans quatre heures. Au terminus. Dans six heures chez les parents de ton père.
- Oh non !

Ils n’arriveraient donc jamais !
La micheline présentait l’avantage de vitres larges. Basses. Bien ouvertes vers l’extérieur. La voyageuse décida d’admirer le paysage. Elle ne connaissait pas la montagne. Les vallons escarpés où gambadaient des torrents. Où les bois se mirant dans de petits lacs. Parfois un troupeau de vaches ajoutait quelques taches blanches, caramels ou mouchetées sur les camaïeux de verts. L’ensemble était ravissant.

- On arrive bientôt.
- Dans deux heures. Tu verras bien !

Le père lisait. La mère dormait. Elle se recolla à la vitre.
Le micheline avançait lentement. Serpentait entre les tunnels. S’arrêtait dans toutes les gares. Des gens montaient. Descendaient. A chaque arrêt. Eux restaient.

(A suivre – 41)

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C’est quand qu’on part ?!

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- C’est quand qu’on part ?!
- Retourne t’asseoir. Notre train a du retard. Nous partirons vers une heure.

Elle regagna son siège de fortune.
La gare continua à offrir le même film d’un assourdissant et sale scénario.
Elle avait mal au coeur. Ses yeux picotaient.
Enfin ils partirent !
Elles s’endormit bercée-bousculée par les roulements de la machine sur ses rails grinçants.

Une violente secousse la réveilla brusquement.
- On est arrivé ?
- Non. Nous sommes dans une gare de triage. Nous changeons de train.

Une heure plus tard le voyage reprit. Fourbue, elle s’écroula de sommeil.

- On est arrivé ?
- Non. Pas encore. C’est le matin. Tu as faim ?
- Je sais pas. Les WC ?
- Attends que je prenne la trousse de toilette. Il faut te débarbouiller. Laver les mains.

Elle se redressa, pleine de courbatures. Les banquettes en bois des 3ème servaient un confort imaginaire aux nouveaux bénéficiaires des congés payés.
Le couloir, vide au départ, était bondé.
Elles prirent leur tour.
La petite cabine était glacée. Encore plus bruyante et secouée que les compartiments. Tout fut vite fait.

(A suivre – 42)

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Jamais leur train

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Nanette était excitée.
Elle allait connaître un nouveau moyen de transport. Des pieds elle était passée au car avec l’exil en ville. Demain elle utiliserait le train ; la distance était plus importante.

Que les préparatifs étaient fastidieux !
Que l’attente était longue !
Enfin la gare !
Le file au guichet des billets.
La cohue. Le positionnement sur le quai.

- On monte pas dans le train ?
- Non. C’est pas le nôtre. Celui-là va partir. Un autre arrivera. Ce sera la bon.
- Tu nous fais toujours arriver trop tôt ! Regarde l’horloge. Le départ est dans une heure !

A chaque arrivée ou départ de convoi les quais et les vitres tremblaient. Le grand préau se remplissait d’une fumée puante qui déposait une poudre grisâtre salissante sur béton, bagages, passagers…saisissait la gorge. Faisait tousser.

- Il arrive quand notre train ! On part quand ? J’ai mal aux jambes !
- Tiens assieds-toi sur la grande valise.

L’enfant fut calée sur la grosse valise adossée à un pilier. Elle écarquillait les yeux. Fatiguée.
C’était pas beau une gare.
C’était sale. Ça puait. Plein de gens qui courent dans tous les sens. Des wagons qui attendent. Des employés qui travaillent. Mais à quoi ? Des locomotives hurleuses et cracheuses qui s’amusent à aller-venir…Puis se décident à accrocher une file.
Partir. Jamais leur train !

(A suivre – 41)

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Tu me raconteras ?

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L’été provençal jouait sa partition. Matins féeriques. Journées caniculaires. Orages de fin d’après-midi.

Nanette était souvent impressionnée par ces variations brutales. Elle redoutait, admirative, les lourds nuages chargeant soudain le ciel de coton gris-noir sur une toile céleste virée du bleu azur au foncé argent du plomb. Puis des éclairs colériques zébraient le ciel. Des grondements ininterrompus tonnaient. Minutes d’accords avant qu’une pluie torrentielle s’abatte dans un paysage devenu de paradisiaque à apocalyptique.

Derrière les carreaux de la porte-vitrée du séjour, elle regardait fascinée le spectacle d’un ciel déchaîné frappant la terre de se foudres. Semblant pourchasser, punir quelques méchants.

Puis, aussi soudainement, la colère s’évanouissait. Le ciel retrouvait ses hauteurs. L’azur zébré de quelques nuées traînantes souriait à nouveau d’un éclatant soleil qui séchait rapidement le sol. Les anges purificateurs offraient aux braves gens l’éblouissement d’un arc-en-ciel. Nouvel accord entre ciel et terre.

Les estivants ressortaient de leur location. Commentaient les rigueurs  de la trombe. Les hommes évaluaient les dégâts sur la route de la descente des chemins de terre alentour. Une dizaine de centimètres de boue…Les femmes et enfants admiraient le nouveau ciel et son arche colorée.

Même ces jours-là il était possible de passer la soirée « à la belle étoile« .
tout l’environnement était à nouveau sec ; le muret de pierre accueillant pour pipelettes et pipelets qui taillaient d’interminables bavettes…

Aux douze coups de minuit au clocher de la cathédrale, les enfants qui jouaient quelques mètres plut loin, sous le réverbère, étaient récupérés par un parent. Fallait se coucher.
La pupart des vieux du cru poursuiaeint leurs conciliabules…

- Alors. C’est demain le grand voyage ?
- Oui mémé. Tiens ton plateau. Attention la ratatouille est très chaude.
- Tu me raconteras ?
- Oui mémé. Elle s’assit au bord du lit. D’abord nous partirons pour Marseille. A 16 heures. Nous arriverons vers 20 heures. Demain nous préparerons les bagages. Nous nous reposerons avant d’aller à la gare. Le train partira à minuit. Nous serons chez les parents de papa après 20 heures de voyage. Après je ne sais pas. J’y suis jamais allée. Mais promis. Je te raconterai tout au retour. Bisous ! Je vais manger. A t’à l’heure !

(A suivre – 40)

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Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

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L’absence

L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ;
Il éteint le petit, il allume le grand.

Bussy-Rabutin

L’amitié

Un des plus grands bonheurs de cette vie,
c'est l'amitié ;
et l'un des bonheurs de l'amitié,
c'est d'avoir à qui confier un secret.
A. Manzoni

Le devoir

Je ne connais que deux belles choses dans l'univers :
le ciel étoilé sur nos têtes
et le sentiment du devoir dans nos coeurs.

. E. Kant

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John Knox

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Dans le doute
abstiens-toi.

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Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron