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Archives pour 10 octobre, 2009

Il est nuit

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*

*

Avec le printemps revenaient les petits bonheurs.

D’abord on partait pour l’école au lever du soleil. Les arbres bourgeonnaient dans la cour. Tout le monde était plus souriant.

Ensuite, la clémence du temps lui permettait d’accompagner sa mère quand le père revenait. Elles guettaient sur la rade le bateau. Assistaient au franchissement de la passe. Se positionnaient sur le quai. Surveillaient les longues manoeuvres d’accostement. Attendaient la passerelle. Puis, l’autorisation de monter.
Prudentes sur les marches, partiellement flottantes,
elles arrivaient enfin sur le premier pont.
Circulaient entre les coursives. Lisaients les noms sur les portes des cabines. S’engouffraient dans celle du père laissée déverrouillée à leur intention. Car fallait généralement qu’il finisse un quart. Prenne une douche.
Alors, tandis que la mère fouillait les lieux, elle s’assaillait sur le couchette haute. Rêvait devant le hublot.

Ces moment-là la provençale se sentait bretonne.
La mer la « travaillait aux tripes ».
Les poèmes de Victor Hugo revenaient à son esprit…
Elle murmura.

Il est nuit. La cabane est pauvre mais bien close.
Le logis est plein d’ombre et l’on sent quelque chose
Qui rayonne à travers le crépuscule obscur.
Des filets de pêcheurs sont accrochés au mur.

Tout près un matelas s’étend sur de vieux bancs
Et cinq petits enfants, nid d’âmes y sommeillent
….
Et dehors blanc d’écume
Au ciel, aux vents, au roc, à la nuit, à la brume
Le sinistre océan jette son noir sanglot.
L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille
Car les petits enfants ont faim…
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis cousant de vieilles toiles
Lui songe à sa Jeannie au sein des mers glacées
Et Jeanne en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur…
O pauvres femmes de pêcheurs !
C’est affreux de se dire ; mes âmes
Père, amant, frère, fils, tout ce que j’ai de cher
C’est là dans ce chaos…

- Alors, comment vont mes femmes ?!

(A suivre – 29)

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Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

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Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron