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Archives pour janvier 2010

Mémé est morte

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Elle quitta l’ascenseur avec soulagement.
La porte se referma doucement.
Ouf ! il avait été réparé !
Voilà cinq jours que quatre fois dans la journée elle haletait en grimpant les 12 étages !

Ah c’est merveilleux d’être au dernier étage !
Quelle vue !
Peu de bruit…
Mais quand la machine est en panne…ceux du premier se marrent !

- Nanette, maman ne sera pas là ce soir. Nous partirons la rejoindre demain matin.
Mémé est morte.
Faudra être gentille avec ta man. Elle a beaucoup de peine.

Elle se figea.

(A suivre – 96)

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Le Mistral

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Avec le Mistral, l’hiver semblait polaire et taquin.
Certains passages du quartier posaient problèmes aux habitants.
Ils servaient de boite à gags pour les observateurs qui guettaient derrière leurs rideaux.
Perte de chapeau. Jupe sur le nez. Marche arrière…Voire chute.

Mais, même ces jours de grand froid la collégienne accomplissait un acte secret.
Dès la porte de l’ascenseur refermée, elle enlevait ses chaussettes. Laissant ses jambes nues ; teintée au thé fort.
Toutes ses copines avaient des bas.
Sa mère ne se décidait pas à lui en acheter. Trop cher. Peu de durabilité.

Le Mistral mordait ses chevilles. Ses mollets. Rougissait-bleuissait sa chair.
Cependant, devant l’étonnement des filles, elle affirmait ne pas avoir froid.

Il était souvent plus difficile de remettre les chaussettes au  retour !
Elle devait trouver des prétextes pour laisser passer les locataires qui attendaient.
Il lui fallait être seule dans la cabine pour l’opération inverse à celle du matin …

(A suivre – 95)

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L’ascenseur

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Grâce à l’ascenseur certaines  familles  firent connaissance.

Certes, 90% des voisins s’ignoraient. Cependant des relations cordiales naquirent. Encore une pratique nouvelle pour la collégienne.

La mère sympathisa avec la voisine, croisée au vide ordure en commun dans un placard du palier. Elles se  rendirent de menus dépannages : sel, pain…

Nanette devint la coqueluche des deux petites-voisines du onzième, souvent rencontrées dans l’ascenseur.
Parfois leur maman lui demandait de les garder le temps d’aller chez le crémier ou le boucher qui avaient boutique au fond de la rue.
Finalement elles prirent l’habitude de venir la chercher le jeudi après-midi pour regarder « La piste aux étoiles » ou « Ivanhoé« …
Petits moment de bonheur précieux, ses premiers contacts avec la télévision.

Souvent, lorsqu’elles étaient toutes trois devant l’écran, leur mère montait un étage pour discuter avec la femme du navigateur.
La petite appuyait sa tête contre la poitrine de Nanette. Bien calée sur ses genoux, elle suçait l’index-majeur de sa main gauche et se chauffait l’autre sous le pull de l’adolescente.
Ainsi rassurée elle s’endormait souvent sous le regard attendri de sa grande soeur.
La séance télévisuelle terminée, l’ainée l’entrainait dans sa chambre pour lui remettre quelques livres.
Nanette bénéficia ainsi du prêt de toute la bibliothèque de cette famille plus aisée.

(A suivre – 94)

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Tous mes dimanches…

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- Tu habites dans la même rue que moi. On peut faire le chemin ensemble ? Ça paraîtra moins long.
- Si tu veux.

Nanette n’osait pas s’imposer, mais était toute contente de la proposition de cette jolie brunette qui fréquentait son collège.

- Tu es en 6ème aussi ?
- Oui.
- Sympa ton prof principal ?
- bof !…

Elles prirent l’habitude de s’attendre pour l’aller-retour.
S’engaillardir pour traverser ensemble les passages cloutés méprisés par les autos au grand carrefour dangereux de la Porte d’Aix.
Commenter les remarques d’ados du lycée qui faisaient chaque jour le chemin inverse.

- BB et la Rousse ! Alors mesdemoiselles…on sort ensemble dimanche ?!
- Avance. Ne les regarde pas. Réponds pas.

Nanette était offusquée par ces interpellations criardes d’inconnus.

- Tous mes dimanches sont pris.
Répliqua en riant Liselote.

L’une répondait. L’autre détournait la tête en rougissant.
Toutes deux continuaient leur chemin.
Les garçons poursuivaient leurs remarques en se moquant.

(A suivre – 93)

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Persévérantes

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Les enfants allaient à l’école. Faisaient leurs devoirs.
Deux dimanches par mois l’un et l’autre sortaient grâce au scoutisme.
Le reste du temps logement./
Pas question de descendre jouer ou bavarder dans la rue avec les copains-copines de la classe !

On inscrivit le petit au catéchisme…afin qu’il reçoive les sacrements rituels.
Nanette, au grand étonnement de sa mère, s’inscrivit aux « persévérantes« .
Pour l’adulte, comme la plupart des ouailles, après la communion : rien.
(Sauf la messe dominicale…pour les plus sérieux, ou … »faire ses pâques » pour les plus décontractés !)

Nanette avait une foi exigeante.
Elle souhaitait approfondir ses connaissances.
D’autant que le curé de sa nouvelle paroisse était très appliqué.
Il recevait une fois par semaine les Guides. Tous les sujets pouvaient être abordés. Il étayait ses démonstrations de citations, de ses souvenirs de prisonnier dans un camp de concentration…

A la fin de la réunion, souvent elle allait le voir dans son bureau. Lui posait les questions complémentaires ; qu’elle n’avait pas osé émettre devant les autres.
Chaque fois il lui prêtait des livres sur toutes les religions du monde : Confucianisme, Taoïsme, Bouddhisme, Islam, Protestantisme…

Sur cette dernière il était plus polixe ; prétendant qu’il s’agissait d’une multitude de sectes.
De toute manière, en fin de discussion, il insistait sur le fait que la religion catholique était la seule qui libérait vraiment l’homme et faisait à la femme une part égale.

Ainsi, incomprise par la mère, la brebis continua à parfaire ses connaissances religieuses à l’église du Bon Pasteur.
Elle était la plus assidue.

(A suivre 92)

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Première douche !

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Nanette remercia le sort pour l’attribution de ce logement.
Pour cette vue imprenable !
Côté sud…la Vierge de la Garde
Côté nord l’enfilade des kilomètres de quais de la Joliette à l’Estaque.
Quel plaisir, par beau temps, grâce aux jumelles données par mémé, de guetter l’arrivée du bateau paternel…de faire le grossissement pour reconnaître la bonne cheminée !

Ah la première douche !
Douze ans passés… Indicible ! Une nouvelle naissance !
Elle serait restée des heures à flotter dans la baignoire sabot !

Pendant plusieurs semaines une joie complète envahit la famille…
découvrant les bienfaits de tous ces petits bonheurs quotidiens.
Propreté. Espace. Sanitaires. Vue sur la ville…

Puis une nouvelle routine s’installa.

(A suivre – 91)

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Grandiose !

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Grandiose !
C’était grandiose à plus d’un titre…

Des deux pièces de 32m2, sans commodités, de la rue de la savonnerie, ils arrivaient au 12ème et dernier étage d’une HLM flambant neuf…parfumée aux plâtres et peintures qui sèchent !

Un grand séjour. Une petite cuisine avec balconnet. Deux petites chambres. Des WC. Une petite salle d’eau avec baignoire-sabot. Un grand balcon plein sud. Face  la Bonne-Mère !

La collégienne se sentait renaître.
La mère n’arrêtait pas de faire des projets d’ameublement.
Le père, aux prochains congés, avait son temps organisé : peintures,  tapisseries…

Seul bémol, il n’y avait qu’une chambre pour deux enfants.
Quand le père était absent : le fils occupait la chambre sans balcon ; tandis que sa soeur dormait avec sa mère.
Quand le père était à la maison : la fille dormait dans le chambre, son frère sur le canapé-lit du séjour.

Cependant chacun avait une zone d’étude personnelle.
Le garçon bénéficiait d’un bureau demi-ministre en pin massif avec étagères assorties ; installé dans le chambrette.
La fillette travaillait sur un secrétaire, disposé dans le séjour.

Il fut annoncé par les parents que ces dispositifs étaient leur bien. Pour la première fois ils avaient un meuble qui leur appartenait.

(A suivre – 90)

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Surprise !

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Nanette descendit.

Ce fut avec grande surprise qu’elle vit chaque invité lui  remettre un présent.
Elle n’avaait pas l’habitude de recevoir quelque chose.
Ni à Noël.
Ni lors des fêtes ou anniversaires.
Les seules petites surprises venaient du père ; au gré de ses économies et voyages…

Ainsi reçut-elle sa première montre de sa marraine ; un missel d’une grand-tante gouvernante chez un évêque ; un stylo d’un cousin ; un pull-over de sa mère, etc.

Elle remercia. Abasourdie.
C’était tout de même bien agréable de  recevoir des présents !
Même si l’occasion ne lui semblait pas la plus judicieuse.
La communion était une fête spirituelle.

La famille proche partit très tard.
Après une promenade digestive dans la campagne…un dîner  fait de restes.
Tous étaient très enchantés de leur journée. Des agapes et libations.
Jamais elle  n’avait vu son grand-père si heureux…complimenté pour son cru 47 !

(A suivre – 89)

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C’est pas grave ça

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- Mémé ! Tiens, de la pièce-montée. Je viens un peu avec toi. C’est vraiment trop bruyant en bas…Et il  fait si chaud !

L’aieule ouvrit les yeux. Sourit.
- Tourne-toi un peu que je te regarde bien. On dirait une mariée ! Tu est si grande pour ton âge ! Tant mieux car je ne te verrai pas ce jour-là…

- Mais si mémé ! Faut pas dire ça ! Mais pour la taille, tu as raison. J’ai eu beaucoup de mal à trouver une aube d’occasion. Il a fallu donner tout l’ourlet de celle que Mme Panisse avait achetée l’an passé pour sa fille.

- C’est pas grave ça.
Tu as bien prié ? Maintenant tu dois être encore plus raisonnable. Aller à la messe tous les dimanches. Ne pas pêcher. Bien respecter les « 10 commandements »…Ne pas manger du poisson le vendredi.

- J’essaierai Mémé. Je veux bien  faire. - Tiens. C’est pour toi. Je le garde prémcieusement depuis des mois.
L’aïeule sortit un vieux portefeuille de derrière son oreiller. Tira un billet. Le déposa dans la main de sa petiote étonnée. C’était la première fois qu’on lui donnait un billet.
- Et ne le montre pas à ta mère !
- Viens Nanette ! Les parents veulent te donner leurs cadeaux. Certains doivent déjà partir ayant une longue route pour rentrer.
La mère ouvrait la porte, toute guillerette. Vit la main fermée de sa fille. La mine contrariée de l’alitée.
- Allez. Viens. Tu remonteras tout à l’heure montrer tes cadeaux à mémé.

(A suivre – 89)

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Plus fier qu’un PAPE !

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Pour cette deuxième grande fête  familiale, après le baptême, les  familles se réunissaient au grand complet.
Parrain, marraine, grand-parents, cousins, etc… étaient conviés.
Le père avait pu obtenir une semaine de congé…
Quel bonheur de l’avoir cette fois-là !
Il n’était pas venu à la messe … »Croyant-non pratiquant« …disait-il…lui qui avait été enfant de choeur dans sa jeunesse et vouait un culte à son maître d’école…un prêtre défroqué.

Cependant il n’avait pas chôme pendant le temps des prières.
Il s’était occupé de préparer tout le repas. D’élaborer des cocktails.
Bientôt tous se retrouvèrent dans le séjour.
Au coude-à-coude comme des sardines en boite !
Il fallu ouvrir la porte-vitrée pour aérer !

La communiante n’avait jamais vu autant de monde.
De joie. De victuailles. Ni entendu autant de rires, d’anecdotes de plus en plus bruyantes…l’apéritif déliant les langues et les inhibitions de ceux qui ne se connaissaient pas encore.

L’émotion fut à son comble quand le parrain de la mère, inspecteur des contributions indirectes, ne voulut pas croire que le vin servi avec les rôtis était l’oeuvre du grand-père.

Le vigneron provençal, plus que ravi que le Ravi de la crèche,
répétait en riant :
« Mais non. Non ce n’est pas un Côte du Rhône ! Se sont des bouteilles de ma récolte de 1947 que j’avais réservé pour les grandes occasions concernant ma petite-fille qui est né ce-jour-là… »

Il était plus fier qu’un Pape !

(A suivre – 87)

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12

Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

Catégories

L’absence

L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ;
Il éteint le petit, il allume le grand.

Bussy-Rabutin

L’amitié

Un des plus grands bonheurs de cette vie,
c'est l'amitié ;
et l'un des bonheurs de l'amitié,
c'est d'avoir à qui confier un secret.
A. Manzoni

Le devoir

Je ne connais que deux belles choses dans l'univers :
le ciel étoilé sur nos têtes
et le sentiment du devoir dans nos coeurs.

. E. Kant

DIEU

Un homme avec Dieu
et toujours dans la majorité.
John Knox

Doute

Dans le doute
abstiens-toi.

Zoroastre

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Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron