Archives pour avril 2010

Seule

giflfotat.gif- Demain je descends à la ville. Ton père arrive. Nous passerons deux jours ensemble. Ensuite il viendra seul. Je vous rejoindrai plus tard avec ton frère.

- Il va pas le chercher ? Il verrait ses parents.
- Non. S’il y va il redescend plus. Y’a du travail dans la maison.

- Tu y vas seule ?
- Ta tante me l’amène à mi-chemin. Plus exactement à la jonction train-micheline.

- A Montluçon ?
- Oui. Tu seras sage, pendant trois jours seule. Ne dérange pas tes grands parents pour les repas. Prends une salade au Bastidon. Fais-toi des frites, des oeufs. Y’en a pas pour longtemps.

- Bien.

Trois jours seule.
Sans la complicité quotidienne de mémé.
Avec ce malaise mère-grand mère.
Les étés moins torrides. Les spectacles des orages moins éblouissants. Plus rien à lire. Les estivants partis, comme après chaque 15 août, pour préparer la rentrée scolaire.
Les heures parurent longues.
Seuls petits plaisir les parties de pétanque de 18 heures avec les habitués du quartier.

(A suivre – 115)

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Chez moi

giflfotat.gif- Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
Ici, je suis chez moi. Tu n’as pas à venir si j’t'l’ dis pas !

La grand-mère, rouge de confusion, redescendit les quelques marches du perron.
Nanette, qui faisait les mots croisés du Provençal en attendant le facteur, une éventuelle lettre paternelle, regarda les deux femmes atterrées. Posa son journal. Rejoignit sa grand mère dans la rue. Lui prit la main. Entra avec elle chez elle sans un mot.
Que faire pour atténuer l’affront public ?

- Tu veux que je mange avec toi ? Je pèlerais les pommes-de-terre. Tu nous ferais tes bonnes poêlées bien dorées …

- Je veux bien Nanette.
La rejetée sourit…Tu es gentille toi…pas comme ta mère…

- Faut pas t’en faire. C’est son caractère…

Elles déjeunèrent toutes deux.
L’oncle avait trouvé du travail dans une société installant les poteaux pour EDF en montagne.
Le grand-père avait profité de la voiture d’un ami chasseur pour aller réparer les postes pour les grives au Revest.
Elles ne savaient trop que dire.
L’une trop introvertie et malheureuse. L’autre ayant peur de maladresse.
Cependant le silence était rempli de pensées positives, pacitifiques, cicatrisantes.

(A suivre – 114)

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Les yeux…

giflfotat.gifPour la première année, le matin, plus nécessaire de descendre sur la pointe des pieds…

Elle descendait tristement les marches du couloir.
Bref coup d’oeil sur la porte fermée.
Habillée, les courses faites, elle regardait le père travailler ; prête  leur servir de troisième ou quatrième main.

Lorsqu’il reprit la mer, elle observa le tâcheron qui recrépit la façade.
Sable. Ciment. Eau. Gâcher. Poser à la truelle, ou monter au treuil pour utilisation en hauteur sur un échafaudage de fortune.

Elle aimait apprendre par les yeux.
Tout se fixait mieux dans sa mémoire.

D’une manière générale elle désirait apprendre pour faire elle-même les choses.
Quel plaisir de mettre un pull que l’on a tricoté !
Une robe, même moins bien confectionnée qu’une professionnelle…

Quelle satisfaction de consommer des plats cuisinés seule, même moins bien présentés qu’un traiteur…
Dans ce domaine son père était aussi un artiste !

(A suivre – 113)

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Vie de privations

giflfotat.gifDepuis la mort de l’aïeule la mère faisait assaut d’arguments pour obtenir le don de la maison de village.

De guerre lasse, l’héritier avait cédé de son vivant ses biens pour la sécurité de ses enfants et petit-enfants. Aliénation qui lui ôtait toute possibilité d’améliorer un peu l’ordinaire de sa vie de privations.

Nanette ne s’était jamais posé la question de savoir à qui appartenait cette maison de famille. Elle aurait rester propriété du grand-père. Le principal était qu’ils puissent toujours venir dans cette maison remplie de tant de souvenirs…

A partir de ce jour l’attitude de sa mère changea.
Elle ne cessa de faire des projets de rénovation. Toutes les vacances paternelles le père cassait. Construisait. Peignait. Tapissait….
Un vrai forçat !
De temps en temps elle apparaissait pour approuver ou critiquer.
Un vrai « Inspecteur des travaux finis » comme la surnommait le paternel !

(A suivre – 112)

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Disparition

giflfotat.gif- D’où viens-tu si beau pépé ? Tu n’as pas chaud dans ton beau costume foncé par ces chaleurs d’été !?

- Ça ne te regarde pas. Retourne dehors.

- Comment tu parles à ta fille ! Elle est grande maintenant. Elle peut commencer à savoir. Nous venons de chez le notaire. J’ai donné cette maison de famille, que ma mère m’a léguée, à ta mère. Pour la famille.

- Celle où nous sommes ?

- Oui.
- Oh que tu es gentil ! Comme ça on pourra toujours venir ici. Dans la maison de mémé…

- Et j’ai donné celle que j’habite à ton oncle. Comme ça chacun de mes enfants sera sûr d’avoir un toit pour ses vieux jours.

Nanette réalisa soudain viscéralement que les biens appartenaient ou non à ceux qui les utilisaient. C’était une évidence. Mais elle le comprenait pour la première fois dans toute sa pénibilité.
Recevoir équivalait à une disparition…

(A suivre – 111)

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Promis !

giflfotat.gifLa mère arrivait…triomphante ! marchant à côté du grand-père endimanché.
Ils passèrent devant elle qui jouait aux Dames avec la voisine, assises sur son trottoir.
Elle les rejoignit dès la partie terminée.
Les adultes étaient assis devant un verre de vin de noix de l’aïeule.

- J’ai fait ça pour toi. Pour la famille. Mais tu m’as juré de t’occuper toujours de ta mère et de ton frère.

- Mais oui. C’est promis.

- Et tu n’oublies pas.
Tous mes fusils pour mon petit-fils.
Ta fille aura les meubles. Tu lui donneras à son mariage la commode que je lui ai déjà promise. Celle que l’antiquaire voulait.  C’est promis ?

- Mais oui. C’est promis. Combien de fois faut-il que je te le dise !

La mère jubilait.
Le grand-père semblait décontenancé.
Comme quand on a fait quelque chose qu’on voulait bien faire…mais…pas sous la pression. En ayant quelque part l’impression de faire une bêtise qu’on regrettera plus tard.

(A suivre – 110)

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Ambiance étrange

giflfotat.gif- Je t’ai déjà dit non plusieurs fois. N’insiste pas !
Le grand-père sortait de la cuisine furieux.Contrarié. Rouge et blême de colère.

- Tu as tort. C’est l’intérêt de la famille.
La mère le suivait, persuasive.

Ils rentrèrent dans la maison du grand-père.

Nanette était surprise. Inquiète.
Une ambiance étrange régnait dans la famille depuis le départ de sa mémé.
Sa mère et son grand-père parlaient souvent seuls. Elle souriante. Lui mécontent. Chacun se taisant quand elle apparaissait.

- Maman, vous vous disputez pépé et toi ?
- Non. Pourquoi ?  Ça ne te regarde pas.

Cet été sans mémé était vie. Pesant. Orageux…
Enfin le ciel s’éclaircit…

(A suivre – 109)

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Sorbet au citron !

giflfotat.gifLe camp volant se déroula sans autres incidents.

Elles suèrent sur les petites routes tortueuses de l’intérieur.
Elles s’oxygénèrent le long du littoral.
Elles admirèrent les grottes marines. Quel joyaux !

Que le pays était beau !
Varié. Sauvage et hospitalier. Béni par le Dieu-Soleil !
Taquiné par les brises du grand large…

Finalement arriva la journée-libre à Ajaccio.
Sac-duvet posé dans la salle prêtée par une paroisse accueillante, elles visitèrent par petits groupes, selon affinités, la capitale Corse.
Seule obligation : être de retour à 18heures devant la statue de Napoléon. Toutes  à l’appel.

Les cadeaux souvenirs pour la famille furent vite trouvés.
Peu de moyen. Peu de choix.
D’autant que leur petite bourse fondait comme neige au soleil sous les langues flattées par des sorbets au citron paradisiaques.
Oh ces sorbets !
Oh ce cagnard !
Oh que l’artisan était tout sourire ayant complètement distribué ses fabrications en un temps record …en regagnant, pédalant allégrement, ses pénates sur son triporteur bariolé !

Elle furent bientôt seules sur les bancs du petit square. Bavardèrent en attendant les cheftaines. Leur dernière nuit dans la paroisse du port.

Le retour, effectué de jour, fut moins impressionnant.
Plus bruyant. Paru plus long.
Les familles retrouvées avec joie…les vacances pouvaient continuer.

(A suivre – 108)

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Des cerises…

giflfotat.gif- Oh ! vous avez faim !? Mais venez mes petites. J’ai des cerises. Venez manger des cerises.
- Oh nom ! Madame merci.
- On a un repas.
- Il est caché. On ne sait pas où.
- On a dû mal décoder le message.

Inutile de décliner l’offre.
La gentille vieille, têtue, ameuta tout le hameau.
Elles durent accepter cerises et pain pour calmer leur faim.

Heureuses de l’accueil. Confuses pour le dérangement. Ventre câlé….
Elles reprirent leur chemin de piste, après moult remerciements, sous les yeux attendries des mémés qui devaient critiquer, en patois, les responsables de leur famine !

Va d’un bon pas
Ne faiblis pas
La route est ta meilleure amie mon gars
Va d’un bon pas
Ne faiblis pas
C’est une amie comme il n’y en a pas.

Quand elle se fâche elle est debout
Elle est parfois longue et mélancolique…

 

(A suivre – 107)

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Feu de forêt

giflfotat.gifLe projet fut un peu chamboulé par un feu de forêt qui survint le jour où le camp devait commencer son périple.
Toutes grimpèrent vers le col où les flammes sévissaient dans le but d’aider les secours.
Quelle désolation ces hectares de forêts de châtaigniers partie en fumée !
Barbecue ou mégot de cigarette mal éteint laissait un paysage lunaire.

Les pompiers repartis.
Les villageois rentrés chez eux.
Elles regagnèrent le campement. S’accordèrent une nuit de récupération. Certaines avaient gagné une insolation à leur journée de lutte contre le feu.

Chaque équipe avait sa lettre-énigme.
Elles prirent différentes routes ou chemins lors des croisements qui devaient les amener à la même escale.
Avançant au gré des rébus, elles reconstituèrent leur trajet ; trouvèrent des « trésors » ; récupérèrent leurs repas…

- Pardon madame, s’il vous plaît, vous n’auriez pas vu où se dirigeaient des guides ? Ce matin ou hier …
- Ah, j’ai rien vu mes petites. Mais,  vous êtes perdues ?
- Non Madame. Merci. Ça fait rien.

- J’ai faim. C’est presque deux heures…
La villageoise corse qui les suivait en silence, intriguée, entendit les gémissements de l’affamée…

(A suivre – 106)

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12

Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

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L’absence

L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ;
Il éteint le petit, il allume le grand.

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L’amitié

Un des plus grands bonheurs de cette vie,
c'est l'amitié ;
et l'un des bonheurs de l'amitié,
c'est d'avoir à qui confier un secret.
A. Manzoni

Le devoir

Je ne connais que deux belles choses dans l'univers :
le ciel étoilé sur nos têtes
et le sentiment du devoir dans nos coeurs.

. E. Kant

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Dans le doute
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Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron