Archives pour mai 2010

Pastilles au MIEL

giflfotat.gifLa petite placette du quartier s’anima soudain, en retrouvant ses joueurs pour la partie de pétanque de 18 heures.

- Là, faut tirer !
- Non. Pointe !
- Ah ! garde tes mauvais conseils ! C’est le point de la partie !

Nanetteregardait son équipière, une institutrice d’origine italienne ; habituée de ces fins d’après-midi où les adultes jouaient l’apéro.
C’était la première année qu’elle était « intronisée » dans une équipe, la titulaire ayant déménagé.

Les hommes, équipe aguerrie, râlaient de les voir taquiner leur victoire, assurée dans un premier temps glorieux.

- Tire, si tu rates je pointerai…

La partie finit dans les rires de ces messieurs soulagés de l’avoir emporté encore une fois. Ils avaient, au fil des jours, de plus en plus de mal à conserver leur suprématie. L’honneur étant sauf, ils décidèrent d’offir le pastis.

- Demain je vais aux ruches. Tu veux venir ?
- Ah oui. C’est une bonne idée mon fils.

Nanette regarda les vainqueurs. Elle les aidait, depuis deux étés, pour remplir les pots de miel…Elle ne connaissait pas le travail en amont.

- Si ma mère me le permet, je viendrai.
- Va lui demander maintenant. Nous partons avant l’aube.

La mère le permit.
L’apiculteur était le parrain de son oncle. Mémé avait été sa marraine au titre de meilleure amie de sa mère. Deux veuves de guerre. Vêtues toute leur vie en noir. Jamais remariées.

A part la ballade, enfumer les ruches pour les rentrer dans le fourgon n’était pas folichon. Elle admira la nature sauvage des champs de lavande abandonnés ; clairsemés de thym et d’herbes de Provence diverses.

Elle les quitta vite au retour. Promettant de venir préparer des pots pour les touristes le lendemain matin. La production commençait.

Ah la bonne odeur du miel de Provence !

Du vrai. Du pur. De celui qui  coule des rayons. Libéré par le large couteau raclant les alvéoles. Qui descend dans le bac en alu. Que l’on tire du collecteur en inox dès qu’il est plein.
Source dorée, douceur délicieuse.

Elle ne se faisait pas prier quand on lui proposait de mâchouiller un morceau de cire imbibée de miel…de ces raclures gorgées du précieux liquide… accumulées sur les bords des bacs.
Surtout quel arôme dans toute la rue les jours où étaient fabriquées les pastilles au miel…Que du miel cuit enrobé de sucre. Divin !

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(A suivre – 128)

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L’INCONNU sourit…

giflfotat.gifVingt-une heure. Le bal commença.
D’abord quelques couples mordus de Bossa-nova et Tango furent choyés.
Puis quelques jeunes obtinrent des rocks.
Enfin, les plus néophytes inondèrent la piste à la faveur de longues minutes de slows…

Première pause.
Les deux provençales retrouvèrent les copains du nord devant le cinéma. Marchèrent un certain temps parmi la foule regardant les couples évoluant sur le béton. Trouvèrent enfin un banc imprudemment délaissé par quelques amateurs de glaces, attirés par un artisan ambulant.

Maxence et Magali rejoignirent les danseurs.
- Excusez-moi, je ne sais pas danser.
- Moi non plus.
l’Inconnu sourit soulagé. Cela leur faisait un second point commun. Après le tennis.

Maxence et Magali ne revinrent plus.
Nanette et Baudouin passèrent la soirée en bavardages innocents, contribuant à les situer dans leur vie quotidienne.

- Minuit ! J’ai onze coups pour arriver  chez moi ! Je vais prendre un de ces savons !
- Au tennis, mardi matin ?
- Sûr ! Bonsoir ! Essayez de les retrouver. M’excuser.
- Rentrez bien. Je peux vous raccompagner ?
- Surtout pas ! A mardi.

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(A suivre – 127)

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Yeux BATTUS…

giflfotat.gifRentrée chez elle, après avoir satisfait à l’inquisition maternelle, elle se risqua à demander l’autorisation pour le bal populaire. Aucune surprise. C’était non.
La copine la redemanda devant la « brochette de bazarettes ».
Là, surprise, c’était oui.

Elle était à la fois contente…une soirée d’été avec des jeunes de son âge…et gênée.
Sa mère ne cessait pas, depuis toujours, de lui seriner qu’elle était responsable de ses faits et gestes jusqu’à sa majorité : 21 ans.
Fallait donc qu’elle lui obéisse. Toujours. Strictement. Jusqu’à 21 ans. L’argument était compris. Accepté. La loi…

Tout le village était réuni dans les divers bars entourant la place centrale transformée en piste de danse.
Les gamins jouaient autour de l’estrade abritée où les musiciens accordaient leurs instruments.
La chanteuse occasionnelle, belle femme du coiffeur, brune italienne, essayait le micro en fredonnant quelques succès de Dalida.

Bambino, bambino,
Ne pleure pas bambino.
Les yeux battus, la mine triste, les joues blêmes
Tu ne dors plus, tu n’es que l’ombre de toi-même
Seul dans la rue, tu rôdes comme une âme en peine
Et tous les soirs
Sous sa fenêtre
On peut te voir.
Je sais bien que tu l’adores
Bambino, bambino
Et qu’elle a de jolis yeux
Mais tu es trop jeune encore
Bambino, bambino
Pour jouer les amoureux.
Et gratte, gratte sur ta mandoline…

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(A suivre – 126)

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Il est BEAU !

giflfotat.gifNanette n’en revenait pas du culot et du pot de Magali. Elles rentrèrent en discutant. Laissant les campeurs au terrain, pour un match entre hommes.

- Tu as vu comme il est beau !
- Euh…vrai, il est beau. Peut-être un peu trop baratineur.
- Mais non !…Son copain te plaît ?
  Ça serait bien. Ils veulent nous inviter au bal du 14 juillet.
- Le soir ?!
- Bien sûr le soir !
- Ma mère ne voudra pas !
- Je m’en charge. Je lui demanderai devant ses copines. Elle n’osera pas refuser. Tous leurs enfants y vont chaque année.
- Qu’est-ce que je prendrai à la maison !
- Ça fait rien. Au moins tu pourras venir ! Il te plaît ?
- Qui ?
- Son copain !
- Pourquoi ?
- Mais tu as quel âge ?!
- Bientôt 15 ans.
- Tu n’es jamais « sortie » avec un garçon ?!
- Non.
- Eh bien tu es en retard !  Elle éclata de rire.
- En retard pour quoi ?
- Quand je dirai ça à Maxence, il ne va pas en croire ses oreilles !…Passons…Il y a un début à tout. Fais-moi confiance.
(A suivre – 125)

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TENNIS au camping

giflfotat.gifLes deux adolescentes prirent donc l’habitude de se rejoindre devant la fontaine de la Cathédrale. D’aller au stade-camping équipé d’un terrain de tennis rudimentaire.

- Voilà. J’ai les clés du gardien. Tiens, la raquette de mon frangin.
- Merci. Je n’ai jamais tenu une raquette.
- T’inquiètes pas. Je débute aussi. Je voulais sortir un peu du magasin. Te voir en face m’a donné cette idée. Car au camping il y a en ce-moment un gars magnifique ! Il est venu acheter des cigarettes belges chez mes parents. Il campe avec les siens…
- Tu lui as parlé ?
- Pas encore. Mais il disait, à un copain l’accompagnant, qu’il était champion scolaire. Un jour il viendra bien ici. Ou nous le croiserons…Te retourne pas !
- Pourquoi ?
- Je crois que c’est lui qui arrive…avec son copain…
- On va être ridicules avec nos débuts…

- On peut faire une partie à quatre ?
- Euh…sans moi, murmura Nanette…
- Mais si ! Reste ! Nous, vous savez, c’est notre première journée !
- Je peux vous apprendre. Je suis champions de belgique universitaire.

- Sans moi.
Le copain observait, silencieux. Souriait de la panique de Nanette.
- Moi aussi, j’ai peu joué. Maxence, qui campe à côté de la tente de mes parents, m’a proposé quelques leçons gratuites depuis une dizaine de jours. Profitez-en aussi !

La nouvelle copine était en grande discussion avec son prof.
Les premiers conseils fusèrent. Les premiers échanges commencèrent devant Nanette et l’Inconnu restés derrière le grillage.
A la fin de l’heure, fut convenu de se retrouver tous les mardis et jeudis à 10h pour des balbutiements.

(A suivre – 124)

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Maison de la PRESSE

giflfotat.gifDans sa coquette villa, sa « marraine de coeur »  les recevait, en cette fin de dimanche estivale.

- Non restez assises. Je vais servir.

- Merci. Heureusement que ta fille m’aide l’après-midi. Ça repose un peu ma pauvre jambe.
- Elle peut bien faire ça. Ca la distrait. Tu te fais opérer quand ?
- Dès la saison terminée. Après la Toussaint. A Marseille.
- Nous viendrons te voir à la clinique.

Nanette n’avait plus la présence de mémé.
Maintenant elle passait de longues heures, l’après-midi, assise avec les commerçantes du village. Servant bénévolement à la Maison de la Presse. En remerciements, la patronne lui prêtait les revues.

- Tu te souviens de moi ?
- On a fait la communion ensemble ?
- Oui.  Tu veux faire du tennis avec moi ?
- Je ne sais pas en faire. Je n’ai pas de raquette.
- J’emprunterai celle de mon frère. On pourrait y aller deux fois par semaine. Moi aussi je débute. Il faut réserver le cours.
- Si ma mère veut…
- On ira le matin. Il fait moins chaud. Tu pourras continuer à l’accompagner l’après-midi.

L’adolescente, fille de la buraliste voisine, sortit du magasin. Demanda à la mère. La papetière dit oui. La mère s’inclina.

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(A suivre – 123)

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Seconde MERE

giflfotat.gifElle aimait Dieu, le Bien…depuis toujours.
Elle voulait bien se comporter…depuis toujours.
Elle luttait pour y arriver…depuis toujours.
Elle était certaine… depuis peu… que les rituels étaient des « fables de la Fontaine pour adultes ».

Levée à 5 heures tous les matins pour prier avec ferveur à la Messe basse de 6heures, ensuite elle devait « se grouiller ». Se préparer pour le collège. Sonner à la porte de Liselotte. Marcher vite pour regagner l’établissement.

La collégienne était particulièrement heureuse de rentrer en classe.
Certes elle avait toujours aimé apprendre. Par raison. Par curiosité. Mais cette fois elle appréciait son professeur principal.
L’enseignante en français. Quarantaine humaniste. Consciencieuse. Dévouée. Elle la considérait comme une seconde mère car elle donnait confiance en eux-mêmes à ses élèves.

Confiance en elle, Nanette en avait besoin.
Autant elle avait une Foi inaliénable dans ses convictions profondes, innées.
Autant elle craignait de se manifester.
La position sociale de la famille n’arrangeait rien. Plutôt cette solitude des familles sans la présence du père. Famille que l’on n’invitait pas.

Sous la tutelle bienfaisante et attentive de l’enseignante, elle commença à oser s’extérioriser.  Se présenter à l’élection du Chef de classe. Élue. Répondre à l’appel fait aux élèves pour se charger d’une heure de cours en lecture-expliquée. Déclamer avec son coeur, ses tripes, les poésies à réciter…tirant quelques buées au yeux du professeur.

« Diable, diable, dit-il en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept… »

Laisser son imagination s’exprimer dans une composition de dessin à thème « L’automne ».
Pour elle symbolisée par une allée d’arbres en forêt…multitude d’ors, d’ocres, de rouges, de beiges, de marons…
Dessin qui fut noté 20 pour tenir compte des autres …que l’enseignante mit sous-verre, accrocha au mur. Ramena chez elle, puis dans sa classe au gré des années scolaires.
Cette appréciation lui valu d’être inscrite à l’école des Beaux Arts de la ville, pour suivre le conseil de l’éducatrice. Les félicitations de la directrice, puis le l’inspecteur d’Académie lors de sa visite.

Elle avait donc le bonheur quasi-quotidien des cours de français.
Elle n’avait plus le fugace bonheur troublant de croiser « Ivanhoé »…

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(A suivre – 122)

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Un SACRILEGE

giflfotat.gifCette année-là fut religieusement importante.

Elle lut beaucoup.
Questionna autant.
S’indigna sans mesure des débordements des fous, des dogmes…Ces faux-croyants qui torturent, détruisent, tuent…pendant des siècles au nom de leur Dieu meilleur que celui du voisin. Alors que…elle en était intimement convaincue, c’était le même !

Ainsi, se battre physiquement, intellectuellement, spirituellement…contre le Dieu des autres…étaient une ineptie. Une aberration. Un sacrilège !

Ce battre contre son Dieu au nom de son Dieu !
Alors que les paroles divines ne prêchent qu’Amour-Partage-Tolérance.

Elle voulait oublier les horreurs révulsives de ses lectures.
Les paroles sectaires des uns et des autres.
Elle prierait Dieu-Allah…comme ils désiraient : par sa vie, voulue la plus honnête possible, tous les jours, sur tous les plans…

Elle dialoguerait avec Lui et les Autres.
Persuadée qu’Il préférait surtout l’observance de ses dix commandements…
Plutôt que l’appaprence d’une vie pieuse avec confessions régulières, suivies aussitôt des mêmes pratiques pécheresses vénielles ou mortelles.

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(A suivre – 121)

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ETRANGLER…

giflfotat.gifOui, il y avait un « Mais »
N’avait-elle pas déjà failli étrangler sa fille de colère, car elle ne voulait pas parler…

Nanette revoyait la scène.
Elle était petite. Inscrite en maternelle.
Un jour sa mère, debout devant le buffet de la cuisinette de la rue de la savonnerie, avait voulu lui faire avouer quelque chose.
La bambine ne comprenait pas ce qu’on lui reprochait. Elle n’avait rien fait. N’avait rien à dire.
L’adulte était rouge de colère devant ce petit-bout-de-chou qui la regardait silencieusement.
« Dis-moi ! Avoue ! »
Elle la regardait. Sans un mot. Droit dans les yeux.
Soudain elle vit un foulard glisser des bigoudis aux mains. Le sentit s’enrouler autour de son cou. Plus rien. Puis réveil sur le lit de la chambrette.

Depuis cette fois-là la génitrice comprit qu’il y avait chez sa fille un noyau inébranlable.
Plus calme, sage, obéissante que son fils…si on la prenait par les sentiments ou le sens du devoir…
Mais on ne lui ferait pas dire ou faire quelque chose que, consciemment, elle ne voulait pas.

Le contraire du fils…turbulent, désobéissant, ergoteur…mais qu’elle pouvait manipuler comme elle voulait, s’il le fallait, en le harcelant. Elle comprenait mieux ce caractère semblable au sien.

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(A suivre 120)

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Comme les AUTRES…

giflfotat.gifMalgré ses 14 ans, sa volonté farouche de bien faire et de ne pas se faire remarquer…elle sentait bien qu’elle n’était pas « comme les autres« .

Pas folle, comme le disait par dérision sa mère dès qu’elle n’obéissait pas intégralement et immédiatement à tous les usages « dans le vent« …
Mais différente. Dans ses pensées et comportements. Ce n’était pas un choix délibéré. C’était une aspiration innée à vivre son authenticité.

Sa grand-mère « d’en haut » tarabustait à chaque visite :
« c’est-y-pas malheureux de voir c’tt’ grande bringue toujours assise avec un livre ou une revue ! …C’est-y pas qu’tu vas t’lever jouer avec les autres… »

Les vieilles du pays, chaque vacances scolaires, interpellaient sa mère :
« Elle est bien calme ta fille. Toujours assise avec nous. Un ouvrage à la main. Elle devrait sortir avec les jeunes de son âge ».

La mère trouvait bien qu’elle soit « tranquille ».
D’abord, elle ne voulait pas qu’elle sorte avec les autres… »On ne sait jamais ».
Ensuite, ça la reposait de son fils.

Elle ne voyait pas d’inconvénient à son goût pour la lecture ; puisque les livres étaient empruntés à la bibliothèque municipale.
L’agaçait seulement le caractère de l’adolescente.
Sage, raisonnable…Mais…car il y avait un vilain « mais »…irréductible pour approfondir une recherche, adopter un comportement jugé, par elle, vecteur de connaissance, progrès…ou juste.

(A suivre – 119)

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12

Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

Catégories

L’absence

L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ;
Il éteint le petit, il allume le grand.

Bussy-Rabutin

L’amitié

Un des plus grands bonheurs de cette vie,
c'est l'amitié ;
et l'un des bonheurs de l'amitié,
c'est d'avoir à qui confier un secret.
A. Manzoni

Le devoir

Je ne connais que deux belles choses dans l'univers :
le ciel étoilé sur nos têtes
et le sentiment du devoir dans nos coeurs.

. E. Kant

DIEU

Un homme avec Dieu
et toujours dans la majorité.
John Knox

Doute

Dans le doute
abstiens-toi.

Zoroastre

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Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron