• Accueil
  • > Archives pour octobre 2011

Archives pour octobre 2011

ENSEIGNER ?

giflfotat.gif- Alors ? Ça a marché ? Tu as su ?

- Maman ! laisse-moi le temps d’entrer ! Me désaltérer.

- Tu crois que tu l’auras ?

Elle finit son verre d’eau glacée. Le remplit à nouveau.
Remit la bouteille au frigo.
S’assit sur le sol du balcon.

- Alors ? Tu as su ? Tu l’auras ?

- Que dire. Tu verras bien. Les résultats sont dans quinze jours.
Ce qui est sûr :c’est un concours organisé pour la dernière fois.
Plus de cinq mille candidats. Une cinquantaine d’admissions.
Hier j’ai terminé l’écrit. Aujourd’hui l’oral.

- Si tu l’as, tu penses enseigner ?
- Pourquoi ?

- Tu aurais un poste à l’école privée des enfants de Mme Anglois.
Je lui ai dit que tu passais ce concours.
Elle a ses cinq enfants dans cet établissement.
Ils ont un poste à pourvoir pour la rentrée. Tu l’aurais.
Ses enfants aiment bien quand tu les gardes.

Nanette regarda sa mère qui avait déjà décidé de son avenir.
Une carrière dans l’enseignement avec l’ avantage des congés nombreux…
et engagé des recherches en ce sens.
Elle, elle pensait d’abord à attendre les résultats !

*

(A suivre – p.152) ©

*

ame122521256328gros.gif

*

BABY-sitting

giflfotat.gifNicole surgit dans l’embrasure de la porte, en culotte et tricot. Pouce droit fripé dans sa bouche pulpeuse.

- Tu zoues ?

- Tout de suite après t’avoir habillée.
Tu as fait de jolies rêves ?
Ta poupée a bien dormi ? Elle a été sage ?

- Ze crois…mais punie…pipi au lit !

Elle comprit qu’il fallait vite enlever le drap et changer l’incontinente.
Ce fut fait sans reproche.

Les heures s’écoulèrent comme à chaque garderie.
Jeux. Goûter. Câlins. Babillages.
Elle aimait garder de jeunes enfants.
Une telle innocence ! Tant de spontanéité !
Un si grand besoin de tendresse demandée sans détour.

La grand’mère revenue elle s’éclipsa rapidement sans attendre un quelconque dédommagement.

Dès son retour chez elle elle prévint sa mère de ne plus l’engager pour des garderies.
Elle avait trop de révisions pour l’examen qui pourrait lui donner le droit d’enseigner dans le primaire. Études s’ajoutant au programme officiel du lycée.

(A suivre – p151) ©

*

ame122521256328gros.gif

*

FIDELITE ?

giflfotat.gifCette famille paraissait très unie.
Sympathique jusqu’à cette heure. Ultra-catho. Très pratiquante.
Aidant leur fille, en lui gardant sa fillette, pour qu’elle travaille ; puisqu’elle avait perdu son mari pendant la guerre d’Algérie.

Avait-il souvent bafoué son épouse ?
Elle se mit à réfléchir sur l’engagement marital.
Il devait être sincère. Réciproque.
S’il y avait eu erreur, il devait être permis de rompre pour reprendre sa parole. « A la loyale! »
Si on rencontrait, enfin, « l’âme-soeur » on devait pouvoir se remarier.

Mais la fidélité devait être la règle immuable !

Pourquoi certains refusaient-ils le droit à l’erreur, et à un nouveau bonheur ?
Dans le Deuderone divorce et remariage étaient réglementés.
Dans le Nouveau Testament St Jean ne rappelle-t-il pas la parole du Seigneur :

« Ce que vous lierez ici-bas
Sera lié au Ciel
Ce que vous délierez ici-bas
Sera délié au Ciel’

Pour quoi l’Eglise n’annulait-elle que les mariages des riches et des puissants qui le lui demandaient ?

Pourtant Jésus n’avait-il pas répondu à quelques pharisiens voulant le piéger sur le cas d’une femme ayant épousé successivement sept frères (décédés il est vrai),

 » De qui sera-t-elle la femme, au ciel ?
Cela n’a aucune importance.
Au Ciel vous serez des esprits ».

Ceux qui interdisent le divorce et le remariage sont des intégristes à la solde des dominateurs. Même dans le Coran divorce et remariage existent et sont réglementés.

- Tu zoues avé moi ?

(A suivre- p 150) ©

*

ame122521256328gros.gif

*

NAUSEE !

giflfotat.gifIl se mit à genoux. Supplia.
- Je t’en prie ! Embrasse-moi. Juste une fois !

Vite. En finir. Avant de vomir.
- Je vous en prie, Monsieur Serge. Ressaisissez-vous. Allez travailler. Que ne n’ai pas besoin d’en parler à Madame ou à votre fille !

A l’évocation de la menace sur sa famille, il se releva. Sortit.
Elle mit le verrou.
Maintenant seule elle pouvait extérioriser ses sentiments.
Elle alla aux toilettes. Passa de l’eau sur son visage. Se lava la mains. Vérifia que la bambine dormait toujours. S’assit près de la porte de la chambrette. Coton et crochet entre les mains. Paralysée.

La nausée. Corps. Esprit. Âme.
Combien un homme pouvait être affreux. Dominé par un désir malsain. Interdit. Impur.
Combien un esprit pouvait s’avilir désirant, en cachette, d’oublier les liens du mariage.
Combien une âme pouvait se perdre dans la fausseté de la trahison tout en communiant tous les dimanches…

(A suivre -p.149) ©

*

ame122521256328gros.gif

*

BAISERS ?!

giflfotat.gifDes voisines prirent l’habitude de lui confier leurs petits-enfants pour aller faire de longues emplettes « en-ville ».
Au début elle refusa d’être rétribuée.
Puis elle accepta la pièce de cinq francs que ces mères lui donnaient. Une baby-sitting » leur aurait coûté quatre fois plus, au moins.

Elle n’avait pas d’argent de poche.
Cette contribution lui permettait d’avoir l’air moins « tarte » quand ses copines s’achetaient quelques douceurs chez le buraliste jouxtant leur établissement scolaire.

- Nany, Mme Serge aimerait que tu gardes sa petite-fille jeudi après-midi. Elle doit aller chez un dermatologue en ville. Je lui ai dit que tu irais.
- Bien sûr.

Au moment convenu elle se présenta devant la porte. Sonna. Le jeune grand-père lui ouvrit.
- Bonjour. Je viens garder Nicole.
Il s’écarta. Elle entra, son ouvrage à la main.
- Elle est dans sa cambre ?
- Oui, elle fait sa sieste.
- Bon, je vais faire du crochet en attendant qu’elle se réveille. Vous pouvez rejoindre votre travail. Je resterai jusqu’au retour de madame. Comme d’habitude.

Il restait là. Planté devant elle.
Elle attendait qu’il sorte pour mettre le verrou. Tous les locataires avaient pris l’habitude de se barricader chez eux depuis la période des attentats.

Soudain une atmosphère lourde s’abattit dans la pièce.
Il prit sa main libre, qu’elle retira aussitôt de ses pattes.
Son visage était méconnaissable. Sa peau virait au grès lardé de rouge. Ses yeux étaient insoutenables. Embrumés et violents.
Ses lèvres tordues lancèrent leur souhait :
- Embrasse-moi !

Elle fit quelques pas en arrière. Se  cogna au mur de la cloison.
Horrifiée !

(A suivre – p. 148) ©

*

ame122521256328gros.gif

*

PRIERES ?

giflfotat.gifUne nouvelle année commençait, rythmée avec les journées au lycée, les temps libres consacrés aux garçonnets, quelques soirées télé chez la voisine du onzième.

Elle appréciait les heures de détente avec les fillettes de la voisine.
Petite sur les genoux, elle pouvait bénéficier des émissions
culturelles (La caméra explore le temps)
ou de divertissement (Les cinq dernières minutes).

Sa préparation au Brevet de capacité pour l’Enseignement primaire lui prenant trop de temps, elle annonça qu’elle se retirait de l’encadrement des louveteaux.
Le père-curé comprenait mais était triste de la voir vivre sa Foi, exigeante et sincère, de moins en moins au milieu des fidèles, qui lui paraissaient de moins en moins croyants.

En confession il lui avait d’ailleurs dit
« qu’elle était trop scrupuleuse.
Elle ne serait jamais heureuse ».

Il était heureux de la croiser dans la rue.
D’échanger quelques propos.
Il était gêné de la voir s’engager peu à peu, de plus en plus seule, sur la voie des préceptes de Jésus.
En ermite de la ville.
Affirmant que la plus belle prière était sa vie de tous les jours.
L’application permanente et profonde des Évangiles.
Non la conformité aux apparences faciles. Souvent hypocrites.

Elle n’allait plus à la messe basse du matin.
Trop de travail.
Désertait les offices dominicaux.
Elle continuait à prier le soir avant de s’endormir ;
ou à chaque occasion dans des chapelles.
Solitaire.

(A suivre p.147)

Copyright

*

ame122521256328gros.gif

*

PROPHETIES…

giflfotat.gifFallait-il accorder un intérêt aux prophéties de ND de la Salette ?

Elle relut.

« La Sainte Foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par lui-même et être supérieur à ses semblables.
On abolira les pouvoirs civils et ecclésiastiques ; tout ordre et toute justice seront foulés aux pieds ; on ne verra qu’homicides, haine, jalousie, mensonge et discorde sans amour pour la patrie ni pour la famille…

Pour un temps Dieu ne se souviendra plus de la France, ni de l’Italie parce que l’Evangile de Jésus n’y ait plus connu…

Au premier coup de son épée foudroyante, les montagnes et la nature entière trembleront d’épouvante parce que les désordres et les crimes des hommes percent la voûte des cieux.

Paris sera brûlé et Marseille englouti ; plusieurs grandes villes seront ébranlées et englouties par des tremblement de terre ; on croira que tout est perdu ; on ne verra qu’homicides ; on n’entendra que bruits d’armes et blasphèmes.

Les justes souffritont beaucoup; leurs prières, leus pénitences et leurs larmes monteront jusqu’au ciel et tout le peuple de Dieu demandera pardon et miséricorde, demandera mon aide et mon intercession.

Alors Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande miséricorde pour les justes commandera à ses anges que tous ses ennemis soient mis à mort…

Jésus-Christ sera servi, adore et glorifié ; la charité refleurira partout. Les nouveaux rois seront le bras de la Sainte Église, qui sera forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ. »

- Eh ! On est arrivées. On descend ou tu dors ?
- Non. Je pensais. Je sortirai la dernière. Y’a pas le feu…

*

(A suivre – p. 146)

Copyright

ame122521256328gros.gif

*

La SALETTE

giflfotat.gifNanette fut surtout séduite par le cadre de ND de la Salette.

Nichée au milieu d’un alpage sauvage, une modeste basilique flanquée d’espaces pour recevoir les rares pèlerins.

Leur trentaine de touristes s’éparpillèrent.
Certains gravirent la montage.
D’autres se restaurèrent au soleil dans l’un des creux des flancs.
Plus rares furent ceux qui prièrent près de l’autel, ou brûlèrent un cierge en formulant un voeu.

Elle pria la Madone pour ses parents, son frère, sa famille, ses études, la paix pour tous.
Fit acheter à sa mère quelques images et une carte pour le père.
Puis, elles se dépêchèrent de manger leur casse-croûte avant de reprendre le car.

Le ciel était d’un bleu immaculé. L’air frais, malgré ce-jour de plein été et l’heure traditionnellement étouffante en plaine.
Elles boutonnèrent leur veste.
Nanette veilla à ce qu’elles ne laissent aucun déchet.
Dans le car la mère échangea ses impressions avec les autres passagers.
Elle, elle lut le petit fascicule sur l’histoire du lieu. Relut plusieurs fois quelques lignes des prophéties.

*

(A suivre – p 145)

Copyright

*

ame122521256328gros.gif

*

 

VALORISATION ?

giflfotat.gif- Ta fille devient belle.

La mère inconsciemment se relevait, souriait pour ajouter fièrement :
- Et elle a eu son Brevet du premier coup !

Car désormais elle n’allait plus faire les commissions toute seule.
Sa mère y allait en lui demandant de l’accompagner.
Elle s’arrêtait tout au long du chemin auprès de chaque connaissance qui la félicitait d’avoir une fille aussi charmante, sage et studieuse…
la mettant dans le plus grand malaise !

Depuis des années, il lui fallait, les mauvais jours, à peine une heure pour acheter les produits de la liste.
Maintenant, à deux, cela prenait la matinée !
Nany bouillait à l’intérieur !
Puis, il fallait courir au jardin pour aller chercher la salade et les oeufs.

Mais la grande nouveauté était :
à compter de cette année là, elle exista pour sa mère.
Elle devint sa valorisation !

Quelques excursions, proposées par le Syndicat d’Initiative, furent souscrites : Moustier St Marie, les gorges du Verdon, les arènes d’Arles…
Pas d’auto. Pas de télévision. Mais ces premiers dimanches de visites organissées pimentèrent l’été.

*

(A suivre – p. 144)

Copyright

*

ame122521256328gros.gif

*

TREILLE !

giflfotat.gifL’été s’annonçait routinier.

Père en mer.
Frère un mois en colo, l’autre chez les grands-parents paternels.
Elle avec sa mère au village ; partageant son temps entre aide-ménagère, auxiliaire de la presse et copines-copains-d’été deux heures par jour.

Manquait mémé.
Elle lui parlait intérieurement.
Se remémorait les soirées d’été où elle était valide et que tous venaient dîner au Bastidon.

C’était devant la petite pièce.
Sous l’abondante treille offrant d’énormes grappes de raisins blancs.
Les plus beaux grains finissaient dans des bocaux en verre remplis de l’eau de vie du bouilleur de cru ; étaient mis à vieillir, en réserve pour les grandes occasions familiales.

Elle, elle aimait surtout que tous soient réunis, décontractés, et savourent « à la fraîche » un frugal repas en attendant le crépuscule..

*

(A suivre p. 143)

Copyright

*

ame122521256328gros.gif

*


123

Il était une fois…

Puisse cette histoire intimiste
vous apporter un peu d'évasion
vous rappeler des souvenirs
ou vous amener à méditer sur la société de consommation...

Auteur:

lunebleue

Catégories

L’absence

L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ;
Il éteint le petit, il allume le grand.

Bussy-Rabutin

L’amitié

Un des plus grands bonheurs de cette vie,
c'est l'amitié ;
et l'un des bonheurs de l'amitié,
c'est d'avoir à qui confier un secret.
A. Manzoni

Le devoir

Je ne connais que deux belles choses dans l'univers :
le ciel étoilé sur nos têtes
et le sentiment du devoir dans nos coeurs.

. E. Kant

DIEU

Un homme avec Dieu
et toujours dans la majorité.
John Knox

Doute

Dans le doute
abstiens-toi.

Zoroastre

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Commentaires récents

Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter

octobre 2011
L Ma Me J V S D
« mai   nov »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.

Scarron